<< Un jour viendra où mon amour,
On sera libre, on sera beau,
Comme un étoile, indestructible >>
Je ne me rappelle plus vraiment comment tout avait commencé. Un enchainement de geste habituel, je suppose. Un simple hasard, une erreur, une faute, n'importe quoi, avait sans doute réussi à faire basculer toute ma vie en quelques secondes. C'était insensé, quand j'y repensais. Des foutus hasards qui se sont succédés, des suites d'erreurs imprévues et voilà où j'en ai était. Je me souviens que l'histoire s'était déclenché plus ou moins à cet instant :
" Vous avez un nouveau message. Nouveau message : Spenc', ton téléphone est encore occupé ! Arrête de te branler et vient rejoindre tes meilleurs potes. Réunion général - Mise au point, ce que tu veux.....Il faut qu'on parle du groupe ! Good bye my lovers ! Et grouille ton cul .Fin du nouveau message. De Ryan, à 14h 15. "
J'éteignais à nouveau mon portable, soupirant. J'inhalais une dernière fois la fumée de ma cigarette qui se consumait individuellement depuis une dizaine minutes et rebroussais la route qui me menait jusque là. Je passais devant la maison de ma grand-mère au passage, qui n'habitait qu'une dizaine de mètres plus loin. Je m'appuyais contre mes hanches, habitué par la pente importante qui menait jusqu'au squat. Je contournais les buissons qui empêchaient les regards curieux qui voudraient s'initier dans nos vies et sautillait quatre à quatre les escalier improvisés. Je souriais aveuglement, cet endroit délabré provoquait la colère de nos voisins et nous, notre hilarité . Le jardin mal entretenu venait abimer le décor d'une campagne accueillante. Endroit touristique envié par les troisièmes âges à la recherche d'une pension chaleureuse. Je franchissais la porte, mes prunelles s'arrondirent : Mon dieu que j'adorais ce lieu. Les murs étaient recouvert , par nos soins, d'emballages d'une certaine marque de biscuits dont la matière contenant de l'isolant. Plusieurs fauteuils étaient entassés les uns à cotés des autres, pour les grandes fatigues imprévues ou les heures de répètes inattendues. Un petit réfrigérateur était posé dans un coin, rafraichisseur d'idée. Des instruments de musique débordaient de la pièce, suscitant notre espoir grandissant. Le paysage aurait pu sembler terne si nous n'ajoutions pas ces deux individus loufoques, hyper actif à toutes heures, envahi d"une colère sans nom qu'ils se livraient mutuellement. C'était mes deux amis, toujours entrain de se chamailler, s'énerver, se taquiner, s'embêter, et tout autres verbes en 'er'. Ils étaient devenu attachant : C'était Brendon et Ryan. Un couple nerveux mais aussi...euhm, complice, derrière les apparences. Le terme ' couple', ne me semblait pas totalement approprié. Meilleur ami, voisin, ami, camarade, ennemi et amoureux en plus de çà. Ils pouvaient bien se présenter une de leurs pseudos petites amies, ne pas l'apprécier, s'énerver, larguer cet pauvre petite, redevenir complice, les retrouver entrain de s'embrasser comme de les voir se chamailler devant un film-américain en parfait voisin-américain et de les retrouver l'instant d'après collé l'un à l'autre, tel un couple enflammé. C'était déconcertant au début, j'ai finis par m'y habituer. Donc, oui, nous pouvions employer le terme ' couple'. Couple étrange, je n'en démords pas, mais couple quand même. Ensuite, il y avait Jon, mon meilleur ami. Son second rôle était d'être le pilier de la bande, l'être qui remettait en place les états de folies que transpiraient notre groupe. Toujours décontracté et zen, il contrastait avec le comportement excentrique de mes amis, mais donnait un certain équilibre à leurs fantaisies. J'étais souvent impressionné de son self contrôle hyper dimensionné. C'était un des grands atout que j'appréciais chez lui.
Après un sourire amusé sur les deux abrutis qui se chamaillaient dans un coin, il m'adressait un sourire complice. Il était englouti dans l"un de nos sofa, grattant aveuglement sur sa basse. Je finis par prendre place à coté de lui.
- Combien de temps ? >> questionnais-je.
- Plus ou moins après ton appel >> précise mon meilleur ami, d'un air amusé.
- Pour quel raison cette fois-ci ? >> continuais-je, blasé.
- Une histoire de glace et de fainéantise >> m'explique-t-il dans les grands lignes, les sourcils écarquillés par la stupidité de ces propos.
Ryan était prit d"une soudaine envie de crème glacée et Brendon, ennuyeur dans l'âme, éprouvait une soudaine fatigue pour se déplacer : Je voyais le topos. Je soupirais, serrant des dents. Leurs enfantillages perpétuels avaient tendances à provoquer de l'agacement. Le bassiste me jetait un coup d'oeil inquiet, il me comprenait plus que je ne le soupçonnais. C'était inhabituel de me voir défaillir face leurs histoires, j'étais généralement amusé. Pourtant, je me semblais lassé. Je prenais ma tête entre les mains, fermant les yeux. Prit de mal de tête, d'insomnies incessantes, d"agacements et d'irritations fréquentes, mon état était au plus bas.
- Allons chercher cette glace, Brendon tu restes ici >> commandais-je, me relevant brusquement.
Le guitariste, Ryan, affichait un sourire de vainqueur. Tandis que notre chanteur s'avançait pour ouvrir une cannette de redbull, faisant la moue.
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